Une petite pensée pour… « Au fond des solitudes de métal et d’agate »

Bonsoir et bienvenue pour ce troisième billet d’ « Une petite pensée pour… » !  ^^

Je vous invite aujourd’hui à découvrir la nouvelle Au fond des solitudes de métal et d’agate. Un titre fort long, mais les amateurs de poésie française et de Baudelaire en particulier devineront immédiatement quelle est la figure marquante de ce texte…  😉
Allez, parce qu’ils sont beaux et envoûtants, vous trouverez ces deux poèmes en fin d’article.  =^.^=

Donc, Au fond des solitudes de métal et d’agate… Ce récit est mon tout premier « quelque chose » opera. Eh oui, avant même le planet opera des Vagues de Clamatlice, je m’étais lancée dans un space opera saupoudré de magie, d’héritage familial et de sorcellerie et croyances du XVIIe siècle. Il est paru dans l’anthologie Ghost Stories tome 1, qui a eu très peu de chroniques (et de lecteurs?), principalement à cause d’une faible communication dessus (et, à mon avis, de la couverture qui est belle, mais pas vendeuse).

Ghost-Stories-aux-editions-Asgard

La couv’ en question

Vous pouvez découvrir une chronique longue et complète sur le site de Psychovision (cliquer ici). On a même eu droit à un petit mot dans l’émission n°2 de Rêves et Cris !  ^_^
Et pourtant, j’ai l’impression que les lecteurs sont passés à côté de sa sortie. Et puisqu’on en est dans les confidences, il m’arrive de l’oublier aussi – un comble, quoi! D’un autre côté, n’est-ce pas le propre des revenants d’être impalpables, aux frontières de notre vision et de notre conscience? 😛

Pourquoi vous en parler aujourd’hui? Eh bien, déjà, parce que l’anthologie est désormais disponible au format numérique, de quoi lui donner un second souffle grâce à un prix réduit: 5€ au lieu de 19€.
Version numérique > cliquer ici

Ensuite… Il n’y a pas de seconde raison, en fait. Mais en réfléchissant au texte que j’allais aborder aujourd’hui, il m’est venu à l’esprit de vous entraîner vers ce récit très particulier. Quand j’en ai eu l’idée, je ne savais pas trop si ça allait marcher ou pas: trop de mélange des genres, trop « qui part dans tous les sens avec un enrobage de mystères ». On m’avait parlé de cet appel à textes sur les fantômes. J’ai alors utilisé ma super technique bien connue: essayer d’attaquer le sujet par un angle inattendu. Ça a été de le placer dans le futur.
Nous suivons ainsi les hallucinations et les délires d’un mécanicien employé à bord d’un vaisseau spatial. Dans ses rêves lui apparaissent d’étranges créatures, petites et fluides, qu’il n’a jamais vues (la réponse à l’énigme est dans le titre… et les poèmes en fin d’article!  😉 ). Il me fallait intégrer à ça (au moins) un fantôme et je voulais retomber dans mon travers habituel: exploiter les croyances et le folklore.
Cet aspect-ci m’a été soufflé par mes visites à Rouen. Je m’y suis rendu quatre ou cinq fois dans le cadre de ma licence professionnelle et cela a été une belle occasion de découvrir la ville. L’un de lieux les plus connus est l’aître Saint-Maclou, qui abrite aujourd’hui l’École régionale des Beaux-Arts. Pour en savoir plus sur cet endroit, je vous propose de cliquer ici.  🙂

Photo du site « Cimetières de France et d’ailleurs »

L’autre fil conducteur de la nouvelle, qui s’est affiné au fur et à mesure de la création du scénario, consistait à ne pas opposer morts et vivants. Bien sûr, c’est une histoire de fantômes, donc il faut des moments inquiétants, mais j’étais gênée par l’habitude qu’on a, surtout dans le cinéma, de dépeindre les morts comme des perturbateurs indésirables , voire agressifs, dont les vivants doivent à tout prix se débarrasser pour poursuivre une existence normale. J’ai essayé de mettre l’accent sur une autre voie, notamment par le thème de l’héritage et par la scène finale, que j’ai eu beaucoup de joie à écrire.
… En y réfléchissant aujourd’hui, je pense que le message de cette action à la fin du récit est : « Ils ne nous laissent pas tomber. Nous avons toujours une chance, au-delà des frontières que nous nous infligeons – entre les espèces, entre les vivants et les morts… »
Tout cela au milieu d’une ambiance assez glauque dans laquelle le héros et son entourage sont persuadés qu’il est en train de péter les plombs!  😛

 

Place aux poèmes !

Attention, si vous ne voulez pas connaître qu’elles sont ces créatures avant d’avoir lu la nouvelle, n’allez pas plus loin…  ^^

 

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

Les Chats, in Les Fleurs du Mal

 

Viens, mon beau chat, sur mon cœur amoureux :
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d’agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s’enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun.

Le Chat, in Les Fleurs du Mal itou!

 

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8 réflexions sur “Une petite pensée pour… « Au fond des solitudes de métal et d’agate »

  1. C’est vrai que la plupart du temps, morts et vivants s’opposent et s’affrontent, bien que pas tout le temps. J’ai en tête le film Ghost, notamment. J’imagine qu’on pourrait trouver d’autres exemple.

    Quant à la couverture, qu’est-ce qui te fait dire qu’elle n’est pas vendeuse? Comme toi, je la trouve belle, en tout cas, ainsi qu’intrigante.

    Bonne soirée.

    • Heureusement qu’il existe des œuvres qui prennent le parti de faire s’entraider morts et vivants! Oui, c’est vrai que « Ghost » est un bon exemple. ^^

      Pour la couverture, déjà, c’est l’expérience. Je veux dire, j’ai constaté en librairie et sur les stands qu’elle ne se démarquait pas. Ensuite, vient le fait qu’il n’y a aucun élément accrocheur: il n’y a pas ce point d’entrée dans l’image qui va happer l’attention. Je la verrai très bien en pleine page dans un livre de JdR, sans souci: belle, léchée, très « ambiance ». Mais imagine cette couv aux couleurs très proches du gris, sans ce « petit plus » qui vient saisir le regard du potentiel lecteur, entourée de couvertures plus colorées et / ou dynamiques. On ne la voit / regarde pas, tout simplement.

      Merci, bonne soirée à toi aussi! 🙂

      • Je comprends mieux, en effet.

        Je n’ai pas cette habitude que tu as, n’ayant pas l’expérience des stands ni des librairies, par exemple.

        Merci pour cette réponse éclairante. 😉

        • Merci à toi pour tes questions et ta curiosité! ^^

          Si quelques-unes de mes connaissances viennent de ma période de fanzineuse, je suis restée curieuse (moi aussi! 😉 ) de ce qui a trait à la création graphique, comme le fameux « point d’entrée » dans une illustration. J’ai fait de très belles rencontres lors de mon époque « amateur », des illustrateurs qui sont devenus des amis précieux et c’est un plaisir d’apprendre lors de nos trop rares discussions.

          Concernant les couvertures, j’avais hésité à faire la comparaison, mais je me lance: celle du « Lamento des ombres » souffre du même « défaut » que celle de « Ghost Stories », je pense. On peut la mettre en regard de « Dames de lune, Fées des brumes » ou de « Saisons païennes », deux autres anthologies des éditions du Chat noir. Chacune diffère par un aspect du « Lamento » (« Dames de lune… » proposait des illustrations intérieures couleurs et « Saisons païennes » est moins chère), mais ces deux dernières sont parties beaucoup plus vite. « Dames de lune » a été en rupture au bout de six mois environ et « Saisons païennes » n’en est pas loin. « Le Lamento », sorti un an avant, est à la traîne. Pourtant, c’est une chouette antho, avec des textes que j’ai trouvés vraiment bons – alors que je suis moins enthousiaste pour « Saisons païennes ».
          Mais en regardant les couvertures: http://editionsduchatnoir.com/shop/fr/8-anthologies
          Celle du « Lamento » est belle, ce n’est pas le souci. Mais au niveau des couleurs, on se retrouve dans la même gamme que celle de « Ghost Stories ». Et de ce que j’ai constaté (hélas…), les couvertures dans ces teintes marchent moins.

  2. J’ai honte… Parce que, vois-tu, j’ai acheté cette anthologie quelques mois après sa sortie et je l’ai… oubliée.
    C’est vrai qu’on en a peu parlé et je ne l’aurais pas remarquée, malgré un thème qui m’intéresse, s’il n’y avait pas eu des auteurs que j’aime particulièrement au sommaire et pourtant je l’ai quand même oubliée, c’est fou.
    J’ai dû la ranger pour éviter que ma pal devienne un monstre mangeur de livropathe… C’est décidé, je vais retourner toute la bibliothèque et la lire !

    • XD
      C’est pas possible, c’est la malédiction « Ghost Stories »! Les auteurs l’oublient… Même pour les lecteurs super intéressés, il se perd dans les limbes!
      À ce niveau-là, moi, je n’ai plus de doutes… Cette anthologie est à ce point hantée par les histoires qu’elle renferme qu’elle est devenue un fantôme elle-même.
      Mouah ah ah ah ah!

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