Une petite pensée pour… « Les Vagues de Clamatlice »

« Une petite pensée pour… » qui s’est faite attendre. J’ai sauté celle de la semaine dernière, celle d’aujourd’hui a pris quatre jours de retard… Pour me faire pardonner (j’espère), je parlerai cette fois-ci non pas d’une nouvelle, mais de deux!
Les Vagues de Clamatlice est un recueil réunissant la nouvelle éponyme et une seconde se déroulant dans le même univers: Saison de pluie sur Clamatlice. Les histoires prennent place – comme vous vous en doutez – sur une planète s’appelant « Clamatlice ». Petite présentation…

 

couverture-clamatlice

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Clamatlice, un monde bien loin de notre Terre, surprend les voyageurs par ses plages de sable vert, ses deux lunes, sa végétation singulière et son surnom : la Planète aux Mille Pensées. Les premiers colons évoquent parfois, à mi-voix, des créatures gigantesques et une nature guidée par une forme de conscience. Bien entendu, les nouveaux arrivés – tel Noota, un jeune surfeur – ne croient pas à ces superstitions…
Jusqu’à ce que Clamatlice murmure à leur esprit.

Il s’agit de planet opera. J’ai découvert ce sous-genre de la SF justement en publiant ces nouvelles, grâce à Aude Bourdeau, directrice de la collection E-courts aux éditions Voy'[el]. Jusque-là, je pensais que Les Vagues appartenait au space opera.  ^^;
Mais bon, laissons là ces considérations techniques qui, finalement, n’ont pas vraiment d’importance pour qui veut apprécier ces histoires.  🙂

 

J’ai écrit Les Vagues de Clamatlice pour illustrer le type de récits que je recherchais pour Éveil. Il s’agit de l’une des deux collections de l’association Transition, que j’ai fondée. Il m’a toujours été difficile d’expliquer ce que j’attendais comme ambiance et je m’étais dit qu’une nouvelle serait plus parlante. Déjà à l’époque, j’avais ouvert le monde à la co-création. Ce parti-pris a été conservé: comme vous pouvez le lire à la fin du recueil, les auteurs et les illustrateurs qui souhaiteraient créer dans cet univers le peuvent. Pour les auteurs, d’ailleurs, les éditions Voy'[el] regarderont leurs soumissions avec beaucoup d’intérêt – et moi aussi!  😉

La Planète aux Mille Pensées est née de ma tendresse pour les mangas Aqua et Aria, mais aussi de ma fascination pour les œuvres de Hayao Miyazaki. J’ai en tête des films comme Laputa, Nausicaä de la vallée du Vent (que j’ai vu en cassette piratée lorsque j’étais ado, il y a une quinzaine d’années). J’ai découvert Ponyo sur la falaise il y a quelques semaines, grâce à Arte il me semble: toute la partie post-inondation, avec l’eau claire, d’une limpidité bénie, qui recouvre les routes, avec des créatures aquatiques revenues des temps anciens… Cette ambiance étrange, d’un jour nouveau, où les humains arrêtent leur train-train quotidien pour s’entraider et s’adaptant merveilleusement vite et bien à la nature pourtant transfigurée, voilà une émotion qui m’a guidée lorsque Clamatlice est née en moi, lorsque j’ai créé les histoires s’y déroulant.

Saison de pluie sur Clamatlice a été une histoire de commande. Pourtant, on m’a dit plusieurs fois qu’elle était la plus touchante des deux. D’un autre côté, je l’ai écrite comme ça. Aude m’avait annoncé qu’il manquait quelques centaines de signes pour correspondre aux gabarits de la collection et m’avait proposé de rallonger Les Vagues. J’ai refusé: pour moi, la nouvelle était exactement comme elle devait être et je ne voulais pas diluer le goût de la soupe en rajoutant de l’eau dedans, parce qu’un convive supplémentaire se présentait. J’ai préféré cuisiner un dessert!  =^.^=

Sans entrer dans les détails, disons que plusieurs éléments de Saison de pluie sont tirés de mon histoire personnelle. D’habitude, j’évite: je ne suis pas là pour raconter ma vie. Mais ici, pour le temps de ce tout petit récit, je me suis autorisée à soulever un coin du drap qui protège ma vie privée. Je crois que c’est ce qu’ont senti les personnes qui sont entrées en résonance avec la petite Luccine. C’était l’occasion: une mini-histoire à la fin d’un diptyque, juste une gourmandise en fin de parcours, et l’univers de Clamatlice se prête magnifiquement bien à ce genre de récit – je le sais par les influences, les germes qui lui ont donné naissance.

 

Illustration d'Aurélya – cliquer sur le dessin pour accéder à son DA

Luccine par Aurélya – cliquer sur le dessin pour accéder à son DA


 

Cependant, début février, une mauvaise expérience est venue se lier à ce petit recueil dont je suis si fière. En fait, j’ai reçu le compte-rendu des ventes et j’ai découvert que seuls 28 exemplaires ont été vendus en huit mois. Si on enlève les proches, on tombe à 23, peut-être 25 exemplaires. Je dois dire que ça m’a mis un coup au moral. Je me suis demandé pourquoi y avait-il eu si peu de ventes, surtout que les quelques chroniques sont bonnes – même très, très bonnes. Est-ce parce qu’il s’agit de la première publication de la collection, parce que la couverture n’est pas « parlante »? A-t-il été noyé sous les publications de la collection Micro Walrus, qui a débuté un mois et demi avant et a su davantage occuper la scène webienne, pour un principe similaire – d’où possible confusion?
Dans ces moments-là, on se demande pourquoi se donner autant de mal, pourquoi continuer à faire des SP, proposer des personnes pour que la maison leur en envoie – et les blogueuses ont gentiment écrit un article, très vite même, et je leur suis reconnaissante de s’être pressées et d’avoir autant aimé le recueil, d’avoir partagé –, bref, pourquoi ces efforts (les miens comme ceux des autres), peaufiner un texte que les lecteurs trouvent bon, en écrire un second, partager sur FB et Twitter, pourquoi se donner tout ce mal pour 3 achats par mois? Et le prix du recueil n’est pas dissuasif – pas à 0,99€.
Je sais que je ne devrais pas parler de ça, parce que ça ne se dit pas. Mais c’est une réalité, de ce côté-ci de la plume: le découragement. Pendant plusieurs jours, ces chiffres m’ont totalement démoralisée. Je partage une part d’émerveillement dans une des formes les plus pures que j’ai pu lui donner, avec ce recueil, pour si peu de personnes qui l’ont recueillie… J’ai communiqué dessus, beaucoup – et toutes les critiques sont bonnes! –, pour si peu d’échos.

En début d’année, je prévoyais écrire un nouveau récit se déroulant dans ce monde, une histoire inspirée par une chanson du SongBook n°4 de Cécile Corbel (une chanteuse dont je vous recommande les albums, surtout les SongBooks n°2 et 4). Après avoir reçu ce mail, je me suis dit « Plus jamais. » Le projet est devenu comme mort dans ma poitrine.
Aujourd’hui, je me surprends à repenser à cette histoire en écoutant la chanson. Je ne sais pas si elle se fera ou pas. Et de toute manière, si l’histoire naît, elle possèdera cette tache provoquée par le choc reçu lors de sa gestation.
La vie est la plus forte, certes, mais je suis triste à la pensée de cette histoire si douce qui a été frappée alors que je la portais, toute fragile, en moi.

 

 

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15 réflexions sur “Une petite pensée pour… « Les Vagues de Clamatlice »

  1. C’est beau de voir un peu comment Clamatlice est née, mais je ressors chagrine de la lecture de ce billet. Ça ne t’apportera sûrement rien de savoir que je partage ta tristesse quant au fait que Clamatlice n’ait pas trouvé son public, mais c’est pourtant le cas car tes nouvelles m’ont touchée. Ce sont deux belles histoires qui méritent d’être lues. J’espère que le temps aidera à les faire connaître.
    Je fais partie des quelques personnes qui ont acheté ce mini-recueil et sont heureuses de l’avoir fait, c’est une de mes plus belles découvertes parmi tous les formats courts que j’ai pu lire l’année dernière (et j’en ai lu pas mal avec le challenge JLNN).
    C’est difficile pour un format court, d’autant plus en numérique (on a beau dire, ça réduit quand même largement le public) de se faire connaître. La couverture n’est pas non plus très engageante, il faut le dire.
    Ça ne te consolera sans doute pas, mais si les quelques personnes qui l’ont lu l’ont aimé, c’est le principal, ça veut dire que la qualité du texte n’est pas en cause. Demande-toi pourquoi tu écris, mais aussi pour qui tu écris. Et surtout ne te décourage pas.

    • Merci pour ton (et même « tes » ) message. 🙂
      Et si, ça m’apporte. La compassion est un des plus beaux dons qu’un humain peut faire à un autre. ^^
      J’espère aussi que le temps aidera le recueil à se faire connaître, mais je ne suis guère optimiste: ça a été le cas pour « L’Aube de la Guerrière » (et j’espère que ça le sera pour « 5PST »), mais cela s’est fait parce qu’on me voit avec en salon. Ce n’est pas le cas pour un recueil numérique (comme tu le notes), je ne sais pas trop comment sa (re)connaissance pourrait s’effectuer sans ça. Je pourrais en parler régulièrement sur mon profil, mais l’expérience a montré que ça ne marchait pas.
      Bien sûr, je me concentre sur les personnes qui ont aimé, sur celles qui me soutiennent, notamment via Facebook, justement. Mais honnêtement, quand on reçoit un mail comme ça, c’est comme un coup de poing dans la tronche accompagné de trois ou quatre crachats. La phrase finale, absolument savoureuse: « Vu ce que tu as gagné, je te propose de te verser tes droits d’auteur l’année prochaine. » Et Corinne a raison, on ne va pas s’embêter pour quelques euros. Ce n’est pas uniquement une question de sous, c’est aussi une question de reconnaissance, parce que dans notre société, l’argent est une manière de reconnaître les qualités d’une personne – dans ce cas-ci, mes compétences d’auteure. Ce à quoi ne pensent visiblement pas les pirates, soit dit en passant (tralalalala… 😛 ).
      Après, bien sûr, j’ai digéré, j’ai relativisé, la part des choses et tout ça. Le néocortex est intervenu, dira-t-on. (Je viens de lire une petite introduction sur le fonctionnement des différentes parties du cerveau liées aux émotions, très sympa… ^^ Bref!)
      Mais je ne peux pas nier la violence du choc que j’ai reçu.

      J’écrirai toujours. En revanche, je me pose sans cesse la question d’où mettre la barre. Depuis quelques années, je consacre beaucoup, beaucoup de temps à la comm, à rencontrer les lecteurs comme les éditeurs (pour rappel, le Toulouse-Paris, c’est 5h30 à 7h de train, plus les transports en commun ; Toulouse-Épinal, en train comme en voiture, c’est 11h – aller à chaque fois, il faut doubler pour avoir l’aller-retour). Cette année, pour la première fois, j’ai hésité à venir à Zone franche. À l’état « naturel », j’éprouve de la joie à partager. Mais comme dans toute relation, il faut un équilibre entre l’implication d’une part et d’autre, sinon la relation se fatigue et s’use.
      Je reconnais et j’apprécie, vraiment énormément, tout ce que m’offrent certaines blogueuses, dont toi. 🙂
      Mais pour le reste, où dois-je cesser de m’épuiser pour rien, ou si peu? Dois-je faire comme certains auteurs hyper-côtés, qui ne se préoccupent que d’eux-mêmes? Ils ont raison, quelque part, et mon époux me répète souvent que je devrais arrêter de m’éparpiller pour écrire, et seulement écrire, et arrêter de perdre mon temps avec des interviews (j’ai passé toute une après-midi, complète, à répondre à une interview qui était axée sur Clamatlice, pour la revue « Etherval » – durant ce temps-là, je n’ai pas avancé mon roman, qui pourtant me garantirait davantage de reconnaissance et de lecteurs que le diptyque s’il est publié), des salons (sauf un ou deux où rencontrer les éditeurs), partager des choses sans grande importance sur FB… Plus ça va, plus je me dis qu’il a raison. Déjà, je serais moins déçue du peu de résultats, puisque cela viendrait d’un peu d’efforts de comm. Et éviter les déceptions donne une façon de vivre plus sereine – ce qui, dans mon cas, me permet d’être plus disponible pour la création! 🙂

      • Peut-être que si un autre artiste propose un texte sur l’univers de Clamatlice, cela redonnera un nouveau souffle à ce recueil ? Peut-être que c’est cette chouette ouverture que tu as laissé aux autres qui va permettre à ton texte de vivre ? Je l’espère, en tout cas – d’autant que symboliquement ce serait fort.

        Sinon, je comprends tout à fait ce que tu veux dire quand tu te demandes si tu dois continuer de t’épuiser pour un résultat pareil. Dans un autre domaine (l’enseignement), j’en suis arrivée à la même interrogation, comme pas mal de mes collègues, d’ailleurs. On en est arrivés à la conclusion que se mettre la rate au court-bouillon, sacrifier ses heures de sommeil (disons son temps plus généralement), se prendre la tête à longueur de temps, pour après ne récolter au mieux que de l’indifférence, ça ne vaut pas le coup.
        Franchement, si ça te ronge autant, il vaut mieux lâcher du lest. L’essentiel, c’est que tu te fasses plaisir en écrivant, non ? Si ton investissement niveau comm ne t’apporte que de la déception, ce n’est peut-être pas utile de continuer… Ça me semble assez toxique pour toi, d’après ce que tu dis.

        Enfin quoi qu’il en soit, je te souhaite bon courage 🙂

        • Oui, en effet, ça serait une chouette façon de relancer l’univers et la proposition de le partager. 🙂
          Et oui, comme tu le dis si bien, ça serait fort. ^__^

          « L’essentiel, c’est que tu te fasses plaisir en écrivant, non ? » > Eh bien, oui et non. Actuellement, et depuis 7 ans, je suis dans une démarche « professionnelle ». Je fais les choses de façon carré, sérieuse. J’écris des romans – ce qui est un effort, beaucoup plus que les nouvelles qui me viennent plus naturellement. Une grande partie de ma vie tourne autour de l’écriture et de mes œuvres, au point que je relègue des choses à l’arrière-plan – comme une carrière professionnelle sérieuse ou, plus trivialement, je suis arrivée claquée au Japon et tout mon voyage s’en est ressenti (peut-être bien mon seul voyage là-bas) parce que j’ai fait la dernière correction de « L’Aube » dans l’avion, j’ai écrit les remerciements là-bas, j’ai fignolé les derniers détails d’impression et pré-sortie via Internet. J’étais tellement clauée à la fin de ces deux semaines qu’il a fallu qu’on rentre à l’hôtel, une après-midi, car j’étais à deux doigts de faire un malaise. C’est mon choix: je vis l’écriture comme un métier, malgré tout.
          Et puis, si vraiment je me contentais de me faire plaisir en écrivant, je n’aurais pas créé Transition. Je ne connaîtrais pas les trois quarts des personnes du milieu, voire les 80%. Je n’aurais pas permis à Zone franche de s’ouvrir aux associations et aux petits éditeurs – j’ai géré complètement cette partie à la création du salon, c’est à partir de mon carnet d’adresses (et de celui de Jean-Luc Rivera) que s’est construit celui des organisateurs.
          Parce que tout ça, ça va ensemble. Mais je pense que tu en as conscience: comme tu me parles, très aimablement, de ton expérience en tant qu’enseignante. Rien n’est jamais d’une pièce.
          Toute fois, je dois reconnaître que le fantasme de l’ermite me prend parfois… Peut-être dans quelques années, quand nous aurons réussi à déménager pour vivre un peu plus à la campagne, ou en tout cas dans une ville agréable.

          Mais tu as raison et je prévoie, en effet, de moins m’impliquer. J’ai encore une rencontre auteur-lecteurs prévue en mai, que je vais faire (d’autant que c’est moi qui l’ai demandée…), mais je pense que je vais refuser les interviews à présent – au moins jusqu’à ce que j’aie terminé mon roman. La façon dont s’est passée la dernière me pousse d’autant plus à mettre un frein à ce temps qui file pour peu de choses, finalement.
          Je vais continuer ces « Une petite pensée pour… », car j’ai enfin vraiment l’impression de dialoguer avec les personnes. 😀
          Mais je ne vais pas me prendre la tête si je loupe une semaine, ou si je repousse de quelques jours.

          Merci pour tes encouragements! ^__^
          Je te souhaite autant pour toi, d’autant que l’enseignement est un gros morceau que les différentes politiques ont souvent malmené, se contredisant parfois et compliquant les démarches et les initiatives des profs et autres maîtres et maîtresses. 😦

  2. Hum… C’est peut-être lié au support numérique, tout simplement. Les sorties en numérique se sont multipliées ; quand je vois une annonce qui m’intéresse, je me dis, tiens, il faudra que je me l’achète. Plus tard, j’en achète effectivement plusieurs d’un coup, ceux auxquels je pense sur le moment. Puis je ne les lis pas, parce que je n’ai pas le temps. Du coup, j’ai plein de livrels que j’ignore cependant, et je ne sais pas vraiment lesquels je possède, et lesquels je n’ai pas encore. D’ailleurs, en lisant ton article, j’étais sûre et certaine d’avoir ce recueil (et de ne pas l’avoir lu, comme tous les autres) ; je viens de vérifier, en fait je ne l’ai pas… (le bon côté, c’est que la prochaine fois que je m’achète des livrels, j’y penserai)

    Pour moi, c’est l’un des défauts des fichiers numériques : facile à acheter, facile à stocker, facile à oublier. Les livres papier, sur ce point, c’est différent (enfin je trouve).

    En tout cas, je trouve le principe de laisser ce monde ouvert à d’autres créateurs vraiment sympa !

    • Peut-être… C’est certain qu’un petit recueil numérique de deux nouvelles marque moins les esprits. Après, le feuilleton publié dans la même collection fonctionne très bien (il a gagné un prix), mais comme c’est un feuilleton, on en a plus parlé sur la durée. En fait, je suis plus ou moins persuadée d’être une mauvaise communicante, c’est un peu la seule raison valable que je vois. C’est pas grave, j’essaie de nouvelles choses, je continue les efforts. 🙂
      Je me suis même inscrite à un MOOC sur le marketing (mais je n’ai pas de nouvelles, je me demande s’il va se faire ou pas). C’est une partie du métier avec laquelle j’ai du mal, mais bon, on ne peut pas tout aimer dans son travail… 😛

      Merci! ^^
      Pour l’instant, il n’y a pas grand-monde (d’un autre côté, il y a aussi eu peu de lecteurs… XD ). Mais j’espère que des artistes seront attirés par cet univers. 🙂

      • En ce qui concerne la brigade des loups, le premier épisode était gratuit, ça aide pour faire connaître un feuilleton. Moi qui n’en achète quasiment jamais, parce que je déteste ne pas savoir quand j’aurai la fin, je me suis faite avoir comme ça. Je ne m’en plains pas ceci dit, c’est vraiment un excellent feuilleton.

        • C’est vrai. Après, on trouvera toujours des raisons d’un côté ou d’un autre.
          J’ai près de 1000 contacts sur FB. Certes, il y a pas mal d’amis et de connaissances, il y a une poignée qui n’a fait la demande que pour coller leur pub (loupé…), mais de me dire que sur ces, allez, 700 personnes (on peut diviser par trois pour avoir le nombre de personnes possédant une liseuse, mais le recueil est aussi dispo en PDF à imprimer et ce n’est pas compliqué – je sais, je l’ai fait pour mes grands-parents et beaux-grands-parents – puis surtout, comme il est court, il peut facilement se lire sur écran d’ordinateur), il n’y en a que 25 qui ont réalisé qu’un recueil était sorti et que celui-ci semblait valoir le coup – ce n’est pas moi qui le dit, mais d’autres lecteurs… Valà quoi. 700. 25.
          Après, il ne faut pas trop se focaliser sur le pourquoi (même si j’aimerais bien avoir un coach efficace qui puisse m’aider à repérer mes erreurs de comm afin que je puisse développer mes compétences). N’empêche, quand je me reporte aux chiffres, je me demande où ça a cloché. Qu’est-ce que j’ai mal fait. Je sors le fouet et je me flagelle. Et c’est usant. J’essaie de ne pas le faire, parce que ça avance à rien, mais je me pose la question et je me dis que j’ai fauté, que j’ai mal fait. Et les chiffres tournent dans ma tête: 700. 25, sur 8 mois.
          Enfin, heureusement, depuis début février, l’auto-flagellation s’est calmée. 😛

          • Tu es dure avec toi-même et même si je comprends tout à fait pourquoi ces chiffres tournent en boucle dans ta tête et combien il est difficile de relativiser, je crois que tu devrais vraiment essayer d’avoir un regard extérieur sur tout cela. Ce n’est pas facile quand on est émotionnellement si impliqué dans un travail, mais c’est nécessaire.
            Je ne dis absolument pas ça pour te consoler, mais je pense que tu surestimes énormément le public cible du numérique. Oui, on peut lire un texte court sur écran ou l’imprimer, mais sérieusement, qui le fait ? Par principe, beaucoup de gens qui ne voient pas l’intérêt du numérique (c’est leur droit) se désintéressent de tout texte qui n’existe que dans ce format.
            Et je me contenterai d’évoquer le nombre impressionnant de grands lecteurs que je connais qui pour d’obscures raisons boudent les nouvelles, à l’unité en anthologie ou recueil avec une obstination qui ne cessera jamais de m’étonner.
            Tu parlais du prix qu’a reçu La brigade des loups, si c’est bien celui auquel je pense, qui se fait en plusieurs sessions, combien imagines-tu de votants ?
            Je ne saurais pas te dire les chiffres exacts, mais aucune session n’a dépassé les 200 votants et certaines catégories ont été plus boudées que d’autres. Je ne sais pas avec combien de votes la Brigade a gagné, mais c’est sans doute moins que ce que tu imaginais. Après ça n’enlève rien au fait que des gens ont assez aimé les textes qui ont gagné pour vouloir les défendre.
            Je comprends ta déception, 25 c’est si peu et tu t’es tellement impliquée dans ce recueil, mais je ne crois pas que le problème vienne de ta prétendue incapacité en marketing.

            • Sans doute. 🙂
              Mais oui, je me sens souvent très responsable de la réussite ou non de mes œuvres, parce que publiée dans des petites maisons qui n’ont pas forcément les moyens de toucher un lectorat nombreux. Les gens des maisons font ce qu’ils peuvent, mais bon, ce n’est pas du distribué ni du gros tirage, ni du très connu – ce qui aiderait pour le numérique.
              C’est vrai que la combo nouvelle + format numérique n’aide pas.

              Je n’imaginais pas vraiment de nombre, pour « La Brigade des loups ». Je constatais surtout que la collection n’était pas inconnue puisque l’un des titres a assez bien marché pour passer devant tous les autres. Donc ce n’est pas que personne n’a entendu parler de E-courts ou des éditions Voy'[el].

              Il me reste des doutes, sincèrement. J’ai toujours été une mauvaise commerciale – je me souviens de ma désastreuse expérience de vendre des abonnements à la fac, ou sur le stand du magazine L’Étudiant à je ne sais plus quel salon. Après ça, j’ai arrêté… 😛

              Mais bon, j’ai vu « Frida » sur Arte, hier, et ça m’a fait du bien – même si c’était triste à de nombreux moments.
              C’est passé. Ce sont des questionnements qui reviendront un jour, sans doute à la prochaine déception. Je voulais en témoigner, parce que souvent, ceux qui me suivent sur FB me disent que j’ai l’air d’aller super bien et que ça marche au top pour moi. Bah parfois – assez souvent même, ces dernières années –, non.
              Je l’avais dit dans le billet que, normalement, ça ne se disait pas. En tout cas, d’habitude, je me tais. je considère que ce sont des souffrances privées, que les lecteurs n’ont pas besoin de connaître. Nous sommes là pour faire rêver, pour alerter, pas pour nous plaindre. Mais c’est le parti que j’ai choisi de prendre pour ces billets: dire quand c’est génial, dire aussi quand ça fait mal.

  3. Un billet doux-amer, aussi joli sur le making of de ces nouvelles que triste à la fin…
    J’avoue, ces deux nouvelles dorment depuis pas mal de mois sur mes étagères numériques, mais la raison est toute simple : j’attendais d’avoir le bon support pour les lire avec un plaisir maximum (jusque là je me flinguais les yeux à lire sur mon ordi ce qui flingue aussi un peu le plaisir de lire ^^ »)
    Maintenant, et depuis peu, j’ai le bon support donc je devrais pouvoir les lire prochainement 🙂
    Je suis vraiment désolée que Clamatlice n’ait pas aussi bien marché. J’ai beau ne pas les avoir encore lus, ces textes, vu les échos que j’ai vu, je pars avec un a priori très positif. Je ne comprends pas trop non plus.
    Je suis désolée que, de ce fait, cela ait étouffé dans l’oeuf un autre projet…

    Plein de pensées <3, et, bien sûr, je ne manquerai pas de faire un retour de lecture dès que j'aurai exploré l'univers de Clamatlice

    Bises

    Lulla

    PS Grande fan de Cécile Corbel itou, je plussoie donc pour sa musique

    • Merci pour ce petit mot, Lullaby! ^^
      Ah, la liseuse… L’outil indispensable pour les gros lecteurs au petit porte-monnaie! 😛 Puis quand on voyage, plus la peine de se torturer le cerveau à savoir quels livres ont va emporter.
      Bon, c’est un investissement à la base – sauf quand on arrive à se la faire offrir. *sifflote*

      Je pense qu’avec le printemps, si j’arrive à me poser et à trouver le temps deux ou trois jours de suite, la nouvelle pourrait naître quand même. Mais je ne me mets pas de pression non plus.
      Disons que pour un texte qui a de forts risques de ne quasiment pas être lu, je veux l’écrire avant tout pour moi. ^^

      Merci, j’espère très fort qu’il te plaira!

      Bises et bonne soirée
      (Puis vive Cécile Corbel! 😉 )

  4. Bon après, même si la plupart des commentaires se focalisent sur le mail, la mauvaise nouvelle et ma déception – de façon générale, les blessures que la non-reconnaissance d’un travail dans lequel on met beaucoup de soi et d’espoir peut entraîner –, j’ai eu beaucoup de plaisir à écrire ces textes. Je ne veux pas que ma déconvenue assombrisse leur lecture.

    Les Vagues de Clamatlice et de Saison de pluie sont des récits d’espoir, légers comme la pluie sous laquelle se marient les renards.
    Peut-être que la deuxième partie de ce billet est plus touchante, car je l’ai été et que cela est entré en écho avec des choses du passé, des questionnements sous-jacents qui se sont actualisés ces derniers mois, réalisant un effet « boule de neige ».
    Mais ce message n’a pas changé le fait que je suis particulièrement heureuse et fière d’avoir écrit ce mini-recueil, et qu’il soit disponible chez un éditeur! 😀

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