Ma venue aux salons est surtout une question d’argent

Il s’agit d’un article assez long. Si vous êtes ici dans une démarche de feuilletage d’Internet, je vous invite à vous rendre tout en bas de l’article où la conclusion (juste au-dessus de l’ajout du 16 septembre) résume assez bien tout ce qui va suivre.
Je tiens aussi à préciser que ce que je m’apprête à raconter tient surtout de mon expérience personnelle d’auteure d’Imaginaire. C’est un petit monde à part, notamment en ce que nous ne vendons quasiment rien dans les salons généralistes.

 

J’écris cet article car, il y a quelques jours, j’ai lu de nouveau une remarque qui devrait me faire très plaisir, mais qui me donne juste envie de me rouler en boule dans un coin sombre.
« C’est chouette que tu viennes à tel salon ! J’ai vraiment hâte de te rencontrer, tu devrais venir plus souvent. »
En général suit une liste de raisons pour lesquelles la région est vraiment géniale, et les salons de la région aussi. S’il vous plaît, soyez convaincu-e que je suis persuadée que votre région est belle, et que j’ai envie de la connaître, et de vous rencontrer, vous et les lectrices et lecteurs qui me font la joie et l’honneur de lire mes livres. Et je suis aussi très consciente que c’est pour vous une façon d’exprimer votre affection pour mes œuvres, les « enfants de mon âme » que je vous confie, et cela me touche.
Alors, pourquoi est-ce que je me sens aussi mal, surtout lorsque la personne insiste ?

Parce qu’il y a là derrière une question d’investissements en termes d’argent, de temps, d’expérience et de compétences, d’énergie et donc de fatigue accumulée et d’espoirs déçus – bref, un besoin de reconnaissance de tout ce que j’ai déjà donné pour des résultats faibles – qui n’est pas validée. Je pense que la façon dont cela fonctionne – d’être présent à un salon, de venir faire une dédicace en librairie – est très peu connue et que les gens n’y songent pas forcément.
La Communication Non Violente a un grand principe que j’aime beaucoup : si tu ne dis pas tes Besoins, ne t’attends pas à ce que l’autre les devine. J’espère qu’après que vous avez lu cet article, vous comprendrez pourquoi vous aurez plus de chances que votre demande soit entendue en l’adressant à un salon qu’en l’adressant à un-e auteur-e. Pourquoi aussi, cela me touchera beaucoup plus, immensément plus, que vous m’écriviez : « J’aime tes livres et ça serait chouette de te rencontrer. Du coup, j’ai envoyé un mail à l’organisation de tel salon ou festival, j’espère vraiment qu’ils t’inviteront ! » Rien que de relire cette phrase, mon cœur se gonfle de gratitude. Oui oui, alors que ce n’est qu’un exemple écrit par moi-même, mais c’est tellement ce dont j’ai besoin, et ce qui me serait un réel soutien !

 

J’ai commencé à tenir des stands lors de salons en 2005. À l’époque, il s’agissait surtout de filer un coup de main à l’association MéluZine, qui œuvre à la promotion des fanzines et tout petits éditeurs. J’ai créé en 2007 l’antenne SFFF, dont je me suis occupée trois ans.
Dans ce cadre, je faisais surtout des salons en région parisienne (j’habitais à Bagneux). Les quelques trajets et une ou deux nuits d’hôtel que j’ai faits en-dehors ont été payés par l’association.
Ce fut une expérience qui m’a enrichie en termes de compétences. J’ai appris à mener une table ronde, à coorganiser un événement et à y proposer des animations adaptées (G.A.M.E. in Paris 2007, les premières participations de l’association Lutetia Lacrymae à la Japan Expo, etc.) et à négocier en échange des stands gratuits.
Lors de la création du festival Zone franche, je travaillais alors en CDD à la médiathèque. J’ai naturellement servi de lien avec MéluZine. En 24 heures, j’ai pu présenter une liste fournie d’associations et de petites maisons représentatives du milieu (l’organisatrice connaissait principalement celles présentes aux Rencontres de l’Imaginaire de Sèvres). J’ai également soumis des idées d’activités (concours de nouvelles, d’illustrations…) et apporté mes conseils aux propositions faites par l’organisatrice pour mettre en avant les jeunes auteurs, comme le prix annuel de la nouvelle.

Bref, ça commençait plutôt bien, me direz-vous.  🙂

J’ai arrêté mes activités chez MéluZine pour me consacrer en 2009 à une association de fanzines que j’ai fondée : Transition. Nous publiions notamment les titres Éveil et Pénombres. J’ai aussi commencé à penser à moi en tant qu’auteure.
C’est une période un peu floue. Évidemment, je payais tout de ma poche. Les auteur-e-s et illustrateurs/trices qui venaient le faisaient de façon totalement bénévole, et payaient elles/eux aussi. J’ai continué à proposer des activités, à rendre des coups de main, à négocier du mieux possible pour avoir des stands gratuits ou à prix réduits. Ainsi, une année aux Imaginales, j’ai proposé à deux autres associations (Borderline et Éclats de rêves) qu’on se mutualise pour un stand. J’ai participé à des tables rondes, cette fois-ci en tant que « questionnée » et non « questionnante ». J’ai fait ma première interview radio.
Petit à petit, j’ai évolué en donnant plus d’importance à mon activité d’auteure qu’à celle d’éditrice, au point de passer la main et de confier Transition à une équipe composée de membres de la première heure (et que je remercie et salue au passage !).

 

J’ai continué à payer mes déplacements et mes logements sur place. J’ai été invitée environ une fois par an (attention, on va parler sous, puisqu’il est quand même bien question de ça) :

  • en 2012, à Octogônes. Le billet de train aller-retour a été pris pour moi, mon compagnon a pris les siens à part. Nous avons logé chez l’habitant et l’on m’a fourni les déjeuners.
    À part une présence aux horaires du festival pendant les trois jours (la base lorsqu’on est invité-e à un salon, aussi je n’en reparlerai-je pas pour les suivants), il n’a rien été demandé.
  • en 2012, au Val’joly Imaginaire. On m’a payé, ainsi qu’à mon compagnon, le voyage depuis Lille, ainsi que le logement en bungalow et les repas. Je me suis occupé de nos allers-retours en avion depuis Toulouse (on a quand même pris quelques jours de vacances pour visiter Lille et ne pas avoir traversé la France et payé des vols à près de 300 euros, cela pour passer deux jours derrière un stand).
    J’ai tenu une conférence et réalisé un spectacle de contes.
  • en 2014, aux Imaginales. Tout a été payé depuis mon départ de Toulouse : l’avion, la voiture, l’hôtel, les repas. Concernant le logement et la voiture (et en se serrant sur les tickets-repas), la part de mon compagnon a été prise aussi – mais ses billets d’avion ont été pour nous. Une soirée spéciale invités était également organisée.
    J’ai participé à plusieurs tables rondes. En amont du salon, j’ai proposé des exemples de tables rondes, pour donner des idées de thématiques sur lesquelles je pouvais intervenir à une organisation qui ne connaissait peut-être pas mes écrits en détail. Une de mes propositions a été retenue : la table ronde « Magie d’autrefois, imaginaire d’aujourd’hui : des échos du paganisme ancien ? ». Lorsque je l’ai appris, j’ai regardé quel-le-s participant-e-s aux éditions précédents pouvaient être concerné-e-s par ce thème et j’ai proposé Krystal Camprubi et Cécile Guillot, qui ont effectivement été choisies, mais aussi Nathalie Dau, malheureusement absente cette année-là, et quelques autres.
  • en 2015, au Bordeaux Geek Festival. Le trajet en voiture, compris dans les conditions de départ, m’a été défrayé après plusieurs échanges de mails (cette précision est là pour souligner que tout cela nous demande aussi d’investir du temps, parfois plus que ce qu’on pensait à la base – et encore, dans ce cas, c’est juste que l’organisation était débordée ; j’ai aussi eu des cas où je n’ai pas reçu ce qui était prévu dans les conditions de l’accord) ; l’hôtel et les repas ont été pris en charge. Nous avons eu accès à l’espace VIP, à un sac de bienvenue avec quelques cadeaux, et à une carte de tramway aller-retour pour aller manger en ville le soir, si on le souhaitait. Mon compagnon a bénéficié de tous ces avantages (pour le trajet, c’était plus simple puisque le coût restait le même).
    En échange, j’ai créé et présenté un spectacle de contes que j’ai joué deux fois. J’ai monté pour cette occasion une conférence : « L’Évolution de la figure du vampire selon la pyramide des besoins de Maslow ». J’ai participé à une table ronde. En amont de celle-ci, j’ai discuté avec l’animateur : c’était la première fois qu’il s’occupait d’une table ronde de l’Imaginaire. Je lui ai donné quelques conseils et j’ai préparé ses questions avec lui. J’ai trouvé un intervenant de dernière minute pour parler de la fantasy (quand je vous disais qu’un invité qui connaît le milieu de l’Imaginaire est un plus) et, quand l’animateur a été appelé en catastrophe alors que la table ronde n’était pas terminée, j’ai pris le micro et j’ai officié à la fois en tant qu’invitée et comme animatrice, au pied levé.
  • en 2016, aux Halliennales. Bon, là, ce n’est pas encore passé, mais le trajet en avion depuis Toulouse et jusqu’à Lille (aller-retour) est payé, ainsi que le transport sur place et une nuit d’hôtel. Je pense que le déjeuner le sera aussi. Ma maison d’édition paie la seconde nuit d’hôtel.

Pour l’instant, ces cas exceptionnels concernent un salon par an, et ça veut dire que je fais un salon loin de chez moi une fois par année, et que ce n’est pas un choix – c’est ce qu’on me propose.

Après, il y a aussi les prises en charge « mixtes ». Cette année, pour la première fois de ma petite vie d’auteure, j’ai été publiée dans une maison d’édition qui peut prendre en charge quelques frais de déplacement et de logement. Juste « quelques », car je suis encore une toute petite auteure et que ça dépend aussi du nombre de ventes qu’on prévoit de faire : évidemment, si on pense qu’à un salon, tel auteur va vendre cinq ou six livres, on ne va pas l’y envoyer, ça revient beaucoup trop cher pour peu de bénéfices, ni même d’avantages en communication.
Grâce à tout cela, j’ai pu, pour le Bordeaux Geek Festival de cette année 2016 : être hébergée par des amis, la maison d’édition Flammèche que je salue ; être défrayée du trajet par Pygmalion ; avoir des entrées gratuites et les sandwiches du midi, ainsi qu’un sac de bienvenue et l’accès personnel à l’espace VIP par l’organisation du salon.
Inutile de vous préciser que c’est beaucoup de temps, d’échanges de mails pour un salon, et que je ne le ferai pas plus d’une ou deux fois par an. Autre petit rappel d’importance : je ne touche qu’un euro par livre vendu, même en salon. Pour tous ces efforts et cette organisation, pour les trois (3) jours de festival, je vais toucher 20 euros.

[Par souci honnêteté et de transparence, j’aborde ici le sujet des exemplaires vendus à prix d’auteur. Il arrive que des maisons d’édition nous permettent d’acheter nos propres livres à un tarif réduit (en général, -40% sur le prix HT). Déjà, ce ne sont pas toutes les maisons. De plus, les conditions de revente sont draconiennes. Le plus souvent, cette disposition permet de pallier à l’absence de librairie sur un salon ou une manifestation. Nous touchons plus d’argent dans ce cas de figure. Toutefois, nous ne touchons pas la totalité de ces 40% (je rappelle que c’est sur le prix hors taxe, c’est-à-dire le prix de vente au public moins 5,5%). De plus, les frais d’envoi sont à notre charge, ce qui est tout à fait normal. En fait, dans ce cas, nous devenons une sorte de sous-distributeur ou de succédané de libraire. En d’autres termes, nous assurons une deuxième fonction en plus de notre métier d’auteur-e, qui consiste à écrire des livres et à participer, dans une mesure raisonnable, à leur promotion – non à en assurer l’encaissement. C’est cette part-là que nous touchons.]

 

Voilà. Pour tous les autres salons, les dédicaces en librairie, l’ensemble des frais était à ma charge (hormis, souvent, le plateau-repas ou le sandwich du déjeuner).
En parlant de sandwich : un festival connu a refusé de m’inviter (j’habitais dans leur ville) parce qu’ils avaient déjà bouclé les invitations et que cela aurait ajouté des frais. Quand j’ai demandé lesquels, on m’a répondu : le sandwich du midi. Cet aparté démontre l’épuisement moral que peuvent engendrer des négociations avec des organisations qui, parfois, semblent juste nous prendre pour des imbéciles et des moins-que-rien, du jetable. C’est un exemple, plutôt amusant en somme. J’en ai d’autres, et de telles expériences contribuent au fait que je n’ai plus envie de contacter des festivals et des salons, surtout lorsqu’ils ne semblent pas ouverts à la venue d’auteur-e-s d’Imaginaire qui ne répondent pas à leurs critères.

On peut noter aussi que ces journées représentent des heures de présence et des interventions, y compris les conférences et les spectacles de contes qui demandent plusieurs heures de travail en amont – oui, du travail, de la réflexion et des répétitions –, pour lesquelles je ne suis pas payée. Le défraiement et les invitations étaient jusqu’ici compris comme notre paie.
En ce qui concerne les interventions, cela est en train de changer avec les nouvelles dispositions mises en place depuis janvier 2016.

 

Alinsi, depuis 2014, je ne vais plus qu’aux salons et festivals pour lesquels je suis invitée ou proches de chez moi. Exceptionnellement, il m’arrive de faire une dédicace plus loin, sur mes lieux de vacances (donc, ça veut dire que pendant mes vacances, je vais travailler au moins une demi-journée, avec la communication avant et après ; ça veut dire que je ne « décroche » pas vraiment).

Pourquoi ? Parce que pour les années 2012 et 2013, je me suis aperçue que ce que je touchais en droits d’auteurs correspondait, à peu de choses près, aux montants que je dépensais pour aller à des salons. Les droits d’auteurs se touchent chaque année sur l’ensemble des romans (et eLivres et quelques anthologies) publiés depuis qu’on a commencé à être édité, pas seulement sur le dernier en date. Tout cet argent était entièrement « mangé » par les frais de route et d’hébergement.
Ça veut dire que je ne touchais rien pour des mois passés à écrire, pour le temps consacré à démarcher les salons, les festivals et les librairies, pour les journées à tenir un stand, pour la gestion du site et de la communication sur les réseaux sociaux, pour les heures à répondre aux interviews, les heures de recherches pour mes textes aussi et pour tenter de me perfectionner, parce qu’une œuvre ne prend pas uniquement le temps devant l’ordinateur, mais beaucoup plus. C’est du temps de travail. Du temps que je ne passe pas à faire des choses amusantes, ou à m’occuper de moi ni de mes proches. Ce sont des tâches qui demandent des compétences professionnelles, et semaines et des semaines d’efforts pour lesquels je n’ai pas été payée.

Pendant un temps, j’ai vu ça comme un investissement, de la même façon qu’un étudiant bosse plusieurs années et investit son temps, son argent et ses effort dans un but. Mais, au bout de dix ans à faire des salons, à montrer mes compétences, à avoir tenu et participé à des tables rondes, fait des lectures publiques, des spectacles de contes, à avoir présenté des conférences, monté des activités, j’ai estimé au bout d’un moment que là, mes preuves étaient faites, et que si je n’arrêtais pas de tout payer par moi-même, on ne m’inviterait pas.
Ce qui est normal : pourquoi payer pour un service tant que celui-ci est rendu gratuitement ?

 

Alors voilà : je fais moins de salons. Je ne viens pas par chez vous. Et non parce que ça ne m’intéresse pas, au contraire ! Parce que pour cela, je demande à être défrayée. Pour que je puisse essayer de vivre en partie (réussir à vivre complètement de son écriture est une autre question) d’un travail qui me prend des mois et avec lequel je ne déconnecte jamais tout à fait. Et qui est un travail. Car oui, au final, je passe autant de temps à négocier, communiquer, mailer, discuter qu’à écrire ; et qu’écrire me demande des compétences pour lesquelles j’ai suivi des formations, et pour lesquelles je me forme sans cesse ; parce que tout cela me demande aussi de faire des choix, des sacrifices – comme tout travail. Alors j’aimerais en toucher la paie.

La fameuse conclusion

Aussi, s’il vous plaît, au lieu de demander à un-e auteur-e de venir dans votre région, tournez-vous plutôt vers votre salon ou votre festival préféré pour lui demander d’inviter cet-te auteur-e. Très souvent, nous, les auteur-e-s, répondrons : « Oui, bien volontiers! » et l’on attend cela avec joie et espoir – beaucoup d’espoir…  🙂

 

Ajout (au 16/09) : Parce que suite au partage de cet article sur les réseaux sociaux, on m’a proposé de venir à un salon (et non « invitée » – à présent, vous situez la différence et toutes ses implications). Si si, vous avez bien lu…  😄
La personne qui m’a proposé cela a émis l’hypothèse suivante : comme l’organisation est bénévole et qu’ils n’ont pas de financement, nous aussi, nous devons être bénévoles. Parce qu’après tout, nous défendons la culture dans un monde méchant et ignare.
Je conçois qu’au début de sa carrière, un-e auteur-e fasse les déplacements à ses frais et des interventions (c’est-à-dire, du travail : dites à un ancien politicien que sa conférence ne sera pas payée, on va voir s’il le prend bien ; ou à un chercheur, ou à un coach de vie…), des heures de travail donc, pas même compensées par un défraiement. Quand on débute, on n’est pas sûr-e de nous, on ne connaît personne… Je le vois comme l’équivalent d’un stage, où l’on apprend comment agir dans le milieu, où l’on commence à rencontrer des personnes et à se construire un réseau, où l’on apprend et s’entraîne aux techniques d’expression en public. Mais comme les stages, cela n’a qu’un temps.
Demander à un-e auteur-e de venir gratuitement à un salon, surtout quand celui-ci est à plus d’une heure de route, cela signifie : que l’auteur-e paie pour venir vendre des livres, lesquels lui rapporteront au mieux 20 euros (pour un-e auteur-e « normal-e »). Et encore, je suis optimiste. Sur deux jours (2 journées où notre travail nous oblige à nous tenir derrière une table du matin au soir et à sourire aux gens qui passent), dans un village ou une petite ville, je table plutôt sur 8 ou 10. Bref, je reprends : demander à un-e auteur-e de payer pour venir à un salon sous prétexte que le salon est organisé par des bénévoles, c’est simplement dire qu’être écrivain-e, romancier/ère, n’est pas un métier. C’est partir du même postulat que ceux qui veulent détruire la culture et dire que le premier venu (ok, sur un coup de bol, le premier venu peut être bien tombé, mais vous aurez compris l’idée) peut écrire une bonne œuvre, c’est nier qu’il existe des méthodes d’écriture, des formations, qu’on peut s’entraîner, s’améliorer, que cela nécessite des compétences diverses et d’engranger des connaissances dans des domaines qui ne nous intéressent pas forcément, mais qui sont nécessaires.
Dire : « Payez pour venir (eux disent « venez bénévolement ») à mon salon », c’est dire : « La culture est un sous-produit qu’on peut déléguer à n’importe qui. Tout le travail et l’accumulation de compétences (c’est-à-dire, une appropriation et un approfondissement de divers faisceaux culturels) que vous avez accomplis jusqu’ici ne valent absolument rien. »

Encore une fois, quand il s’agit d’un petit salon à côté de chez soi, les choses sont un peu différentes, ce ne sont pas tout à fait les mêmes enjeux – bien que je continue à penser qu’une intervention de type conférence ou lecture publique doit être rémunérée, parce qu’il s’agit bel et bien de compétences professionnelles.
À dire vrai, à titre personnel, quand un salon qui a lieu à une demi-heure, trois quarts d’heure de route me demande si je peux venir (sans me rémunérer ni me défrayer, donc un travail sans paie), en général, j’accepte pour le temps d’une journée. Parce que je suis sensible à la diffusion et au partage de la culture – or, et bien que cela puisse paraître paradoxal, cet article défend la culture et sa transmission dans des conditions saines. Mais offrir (par expérience, en salon généraliste, les ventes de mes livres rapportent juste de quoi payer le trajet aller-retour) aux gens de ma région une journée de travail de temps en temps, j’estime que c’est déjà bien et que je n’ai pas à dépenser mon propre argent pour faire vivre la culture dans une ville alors que ni la mairie, ni la région, ni les divers mécènes et partenaires ne le font. Parmi tous ces acteurs, sans compter les visiteurs du festival eux-mêmes et les potentielles librairies, pourquoi serait-ce à l’auteur-e, la personne qui permet, à la base, que le salon ait lieu, de payer pour y travailler gratuitement ?

Enfin, pour rendre les choses peut-être plus claires : je suis bénévole. Pour une association que j’ai choisie, dont je défends l’esprit et les entreprises, qui touche un domaine qui me passionne. Et qui n’a rien à voir avec mon métier d’auteure. Je vais tenir des stands, je fais le tour des boutiques en ville pour leur demander si elles veulent bien prendre nos flyers, je corrige leurs communiqués, je me lève plus tôt et je pars plus tard pour installer les stands lors des festivals. Il y a d’un côté cette passion que je cherche à faire connaître au-delà des préjugés, et de l’autre, il y a mon métier. Mon métier.
Apparemment, dans certain milieu culturel, il semblerait que ce mot soit trop compliqué à comprendre.

 

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18 réflexions sur “Ma venue aux salons est surtout une question d’argent

  1. En tant que lecteur, je pense qu’on ne voit que la partie émergée de l’iceberg (et toutes les piles de livres sur les stands !). Comme si votre présence allait de soi, ce qui n’est pas le cas, je te remercie pour cet article qui présente les coulisses du métier et fait réfléchir.

    Je commence à me rendre de plus en plus compte des réalités ces derniers mois.
    Encore hier, j’ai été invitée à une soirée un peu exceptionnelle à Paris à la fin du mois de septembre. L’idée est bonne, mais je ne peux évidemment pas me permettre de dépenser 150€ de train + 1 nuit d’hôtel juste pour avoir un verre de champagne en échange (surtout que je ne bois pas d’alcool). Non seulement je dépenserais de l’argent, mais en plus du temps et de l’énergie puisqu’il s’agirait évidemment de faire de la pub pour l’événement en en parlant sur le blog, en vidéo… Bien sûr que c’est gratifiant d’être invitée et de pouvoir passer une soirée avec d’autres acteurs du Livre mais ça ne remplit pas mon compte en banque et ça ne paye pas mon loyer !
    Bref, commençant à vivre un peu des situations similaires, je ne peux que comprendre ton cheminement et ta réflexion.

    Et tu as, à mon avis, fait le bon choix. Un juste milieu moins prenant/stressant/contraignant et qui te laisse plus le loisir de profiter du positif.

    La prochaine fois que je te verrai dans un salon, je repenserai à tout ça et la joie de te recroiser n’en sera que plus grande. 🙂

    • Oui, je m’aperçois parfois, au détour d’une conversation ou par une remarque totalement « plop là », à quel point la réalité de notre travail est inconnue des lectrices et lecteurs. Mais c’est aussi notre « faute », parce qu’on n’en parle pas, parce que tout ce qui touche à l’argent est un peu tabou en France et parce qu’on craint, en ayant des revendications, de passer pour des gens qui se plaignent – et ça ne fait pas rêver, les gens qui se plaignent, et on n’achète pas leurs livres…
      Il y a beaucoup de craintes, de peurs et de défaut de communication, dans tout ça.

      Je me souviendrai toujours de mon éclat de rire dépité, lorsqu’une amie, en toute sincérité, m’a dit que comme j’avais signé chez Pygmalion, j’étais une employée et je touchais une paie tous les mois. Ça m’a vraiment choquée, cet écart entre la galère au jour le jour, à calculer parfois jusqu’aux centimes, et la façon dont les gens pensent qu’on vit – à cause des films et des séries, j’imagine.
      Du coup, je répète peut-être un peu trop souvent cette anecdote. ^^;

      Merci à toi d’ajouter cette anecdote à mon article !
      C’est un très bon exemple des dilemmes qu’on a à gérer, et je te suis reconnaissante d’en parler et de témoigner toi aussi. Puis de m’encourager dans cette façon de gérer la chose. 🙂

      C’est gentil ! ^^
      Et sois assurée que pour moi, ça sera aussi une grande joie de te revoir!

  2. Etant maintenant de l’autre côté de la barrière, je vois beaucoup plus les contraintes. Il est clair qu’être invité et y aller de sa poche c’est deux choses vraiment différentes et je comprends parfaitement le fait de ne pas pouvoir aller à un salon car trop de frais personnels qui engendre des complications par la suite. Car en dehors de cela, il y a la vie qui elle n’est pas gratuite non plus. En tout cas, j’aime beaucoup ton explication, elle est clair et logique 🙂

    • Merci beaucoup de ton commentaire et de confirmer, par ton expérience « de l’intérieur » maintenant 😉 , que ça peut être un vrai poids-boulet économique dans la balance du foyer. Et puis, c’est aussi un non-sens, quelque part…
      Et merci pour ton compliment! ^_^

  3. un auteur ne devrait, ne doit avoir strictement rien à dépenser s’il est invité sur un salon ; ni transport, ni hébergement, ni repas, et juste un minimum de consommations (par exemple s’il veut de l’alcool). de plus, si on lui demande de participer à des conférences, des tables rondes, il doit être PAYE. Parce que participer à une table ronde ou une conférence, ça demande un minimum de préparation en amont, donc autant de temps d’écriture perdu. Si le salon ou le festival touche une subvention de l’agence du livre régional, c’est 150€ brut la table ronde ou la conférence.

    • Bah oui, mais pour les organisateurs qui ne veulent rien payer, ce n’est pas qu’ils nous « invitent », justement : c’est qu’ils nous proposent une table dont ils se moquent bien que ce soit nous ou un autre qui s’y installe (à nuancer: j’ai déjà été contactée par deux salons pas loin de chez moi qui souhaitaient vraiment que je vienne dédicacer, mais n’avaient pas les finances pour me payer. L’un d’eux devait me défrayer le trajet, d’ailleurs, et je n’ai jamais vu la couleur des euros… mais comme on m’avait covoiturée, je n’ai pas trop osé réclamer).

      Pour ce qui est de la nouvelle obligation de payer lorsque des subventions sont versées, je connais l’idée, mais je n’ai pas encore eu le plaisir d’en bénéficier.

  4. J’en viens doucement à restreindre ma présence dans les salons aussi. J’ai beau adorer ça, je me dis que si les auteurs continuent à accepter d’aller à droite et à gauche gracieusement, comment peut-on après espérer être vus comme des professionnels qui méritent salaire ?
    C’est toute une façon de penser les artistes qu’il faut revoir, et je trouve que ton billet donne le bon ton pour y voir clair dans tout ça. 😉
    (Et on se voit aux Halliennales, je suis trop contente. ^^)

    • C’est complètement ça! Et aujourd’hui, après avoir passé des années à montrer mes compétences en bénévole, en espérant que ça me permettrait de faire mes preuves et d’être plus facilement invitée lors des salons et festivals, j’ai l’impression que c’est plutôt l’inverse : que j’apparais davantage comme « de l’organisation », le genre de personne à qui l’on va demander conseil ou un coup de main, mais qu’on ne pensera pas à inviter.
      Bref, je me demande si avoir rendu service, aujourd’hui, ne me porte pas préjudice. Je commence à regretter d’avoir trop souvent répondu aux demandes : « Ok, je vais me débrouiller, je vais trouver. »
      Et les lecteurs/trices ont aussi eu du mal, les premières années où j’ai réduit mes déplacements, à comprendre que c’était juste que je n’avais plus les moyens, et plus la volonté ni le courage de continuer à m’investir autant pour très, très peu de retours. J’ai tenté cette voie pendant très longtemps, et j’ai vu qu’elle ne fonctionnait pas pour moi – et pour bien d’autres artistes, je pense.

      Pour ce qui est de repenser la façon de voir et d’envisager les artistes, je dois dire que depuis que je connais les conditions anglo-saxonnes (surtout américaines, je ne sais pas trop si c’est pareil pour les Britanniques), où en plus du défraiement, les dédicaces et les photos sont souvent payantes, je me rends compte du grand écart entre eux et nous, entre la façon dont eux sont perçus comme des professionnels qui vendent aussi leur image, une sorte de « marque », et nous comme le petit drapeau qu’on plante sur un cupcake : ça sert à rien, on s’en fout, mais on essaie de donner une bonne image avec quelques auteurs « de chez nous ».
      Il y a deux ans, je crois, l’espace des Indés de l’Imaginaire au Toulouse Game Show était juste en face des stands des stars Youtubeurs. J’ai vu des gens payer pour être pris en photo à côté d’un *Français* qui fait des vidéos et qui s’est fait embaucher sur une chaîne de jeux vidéo. Ce n’est donc pas juste une question que les Américains sont trop bien et les Français des bouseux. Je n’ai pas vraiment pris le temps d’analyser l’endroit où tout cela se joue, ni de quelle façon on pourrait changer les choses – et je sais que je ne les changerai certainement pas seule. Mais je peux commencer à faire ma part, déjà en refusant les propositions où je suis là pour faire déco et bonne conscience, où je serai une excuse plutôt qu’un point fort.
      Attention, je ne dis pas que je veux faire payer des photos avec moi… 😛
      Mais ce sont des choses qui m’ont beaucoup fait réfléchir sur l’image négative, appauvrie, que la société, que les propositions mesquines et même méprisantes de certains organisateurs me donnaient de moi-même et de mon métier, et de sa non-importance, de son illégitimité à être perçu comme tel, en quelque sorte.

      (Ouiiii! Les Halliennales! J’ai tellement hâte d’y être, et qu’on puisse discuter! ^__^ )

  5. je travail depuis 2 ans l’édition de mon premier livre et je pensais avoir fait le plus difficile mais je vois que je suis loin du compte. Cela me désespère d’avance.

    • Eh bien, ça dépend : je connais une auteure dont j’ai publié la toute première nouvelle dans l’un de mes fanzines et qui, deux ou trois ans plus tard, signait avec une maison d’édition de taille moyenne/grosse et a vu depuis sa série sortir en poche. Ça peut arriver très vite : comme on dit, il suffit de la bonne rencontre, avec une personne qui va nous ouvrir des possibilités et faciliter nos démarches, mais aussi de la rencontre avec le public – et ça, on ne sait pas trop pourquoi, pour telle ou telle personne le bouche-à-oreille fait boule de neige.
      Mais cette « bonne rencontre » est une exception plutôt que la règle.

      C’est pour cela que j’insiste en disant qu’être auteur-e est un métier, on en connaît les phases, depuis apprenti où l’on découvre les techniques, où l’on s’y essaie (50 ou 60 nouvelles écrites, à travailler et retravailler mon style et la construction de l’histoire avant que je ne me lance dans mon premier roman), où l’on apprend aussi à connaître les conditions « normales » d’un contrat, faire son réseau…
      Après, on monte les échelons, comme dans une entreprise, au fur et à mesure qu’on monte en compétences. En théorie, ça comprend les interventions lors des salons littéraires, les interventions scolaires, les propositions d’édition se font un peu plus facilement. Mais ça peut prendre des années. Ça peut aussi ne pas arriver. Des fois, on n’a juste pas de bol, ou on pense bien faire et on s’y prend mal. Le souci est qu’il n’y a pas de guide qui marche pour chaque auteur-e. Et il suffit d’un accident de la vie, un souci avec un enfant par exemple, pour que les démarches deviennent beaucoup plus compliquées – mais, ce n’est pas une vérité absolue ! JK Rowling allait vraiment mal, niveau conditions de vie, quand elle a écrit Harry Potter.

      Donc, tout est possible, et une superbe aventure de romancier/ère peut très bien débuter avec le premier roman. Je l’ai vu de mes yeux !
      En même temps, il est beaucoup plus probable qu’un-e auteur-e qui débute se lance dans de longues années de galère – mais comme je le dis dans l’article, de même qu’un étudiant qui doit trimer d’un côté et s’améliorer de l’autre.
      D’ailleurs, cela dépend de l’objectif final. S’il s’agit d’avoir un livre publié, point, cela diminue le nombre de démarches et les complications. En fait, quand je discute avec les personnes qui ont écrit et fait publier *le* livre de leur vie, quelque part, j’ai vraiment l’impression qu’ils ont tous les bons côtés sans la plupart des aspects pénibles. Mais dans ce cas, on ne peut pas dire qu’il s’agit d’un métier pour eux – de même qu’on ne dit pas de quelqu’un qui a monté son barbecue en briques dans son jardin qu’il est maçon, quand bien même ça serait un magnifique barbecue !

      • Merci c’est rassurant de voir que tu garde un côté positif. Tu as été édité par plusieurs ME je vois et donc à chaque fois avec des droits d’auteur. Est ce que romancière est ton unique métier ou tu as un autre travail (je parle un travail rémunérateur à côté), car moi pour l’instant j’ai arrété de travailler pour me concentrer sur l’écriture et l’édition, car le but est de partager sa passion et son univers dans les meilleurs conditions mais aussi d’écrire beaucoup de livres (et ca prend beaucoup de temps). Mon univers est le même que le tien le fantastique et la fantasy en général. Merci encore de nous encourager car c’est ce qui ressort dans ton message……
        (pour l’instant je crée ma page sur wix et termine la couverture du tome 1)

        • Je pense qu’on peut toujours avoir de la chance. Les seules incertitudes, c’est à quel moment celle-ci arrivera, et si on ne galèrera pas trop avant. C’est pourquoi une bonne dose de ténacité peut être nécessaire, pour certains plus que pour d’autres. Et parfois, revoir le temps que l’on pensait mettre pour atteindre tel ou tel objectif.

          J’ai un autre métier (en autoentreprise), mais qui pour l’instant ne me rapporte pas grand-chose non plus. Je vais peut-être devoir moins m’y impliquer et en chercher un troisième. Je vis actuellement sur le salaire de mon compagnon. Comme nous allons changer de région, j’envisage de proposer des activités aux scolaires, peut-être en MJC, aux mairies, ce genre de choses.

          Mon premier roman, L’Aube de la guerrière, a été plusieurs fois la meilleure vente de la maison des éditions du Chat noir. En 2013 ou 2014, il a même été la meilleure vente sur l’année entière. Il est paru en format papier et numérique, et actuellement, il est épuisé en format papier. Le temps que le format papier était disponible, c’est-à-dire de septembre 2012 à décembre 2014, il m’a rapporté en tout et pour tout, formats papier et numérique confondus, environ 1300 euros.
          J’ai touché 1 300 euros, c’est-à-dire un SMIC mensuel, pour 3 années d’exploitation pour un roman qui a été meilleure vente sur une des années.
          Vivoter – sans même parler de « vivre » – seulement de son écriture, c’est dur. Ça peut prendre 10, 20 ans.

          Donc, si tu peux avoir un autre apport financier, comme un tiers qui t’héberge et te nourrit, se mettre en retraite quelques mois, ou années, pour écrire peut être très intéressant. Cela demande beaucoup de temps de connaître le milieu, de travailler, d’envoyer des textes et de retravailler selon les retours. Si tu peux, va dans quelques « grands salons » (les Imaginales notamment), car c’est là où j’ai fait les rencontres les plus importantes. Mais on revient au problème de l’argent.
          À savoir aussi que l’aspect financier n’est pas la seule stabilité à prendre en compte. En ce qui me concerne, si émotionnellement, je suis dans une sale période, je n’arrive pas à écrire.

          Bravo pour la page sous Wix! J’ai commencé il y a bien des années sous WordPress et comme je maîtrise bien à présent, je continue avec, mais j’ai entendu dire que c’était une chouette plateforme.

          • A oui effectivement pour un bouquin élu meilleures vente c’est pas top pour autant de boulot. Comme toi je vis sur le salaire de mon mari, pour l’instant ca va bien comme ça mais je sais qu’un jour je devrais reprendre un activité autre que auteur. Sinon oui WIX est bien et simple à utiliser. Je suis un peu comme toi, mon mari veut déménager à la montagne alors peut être que j’aurai une activité genre chambre d’hôte ou …… je sais pas encore, mais je suis certaine de ne jamais arrêter d’écrire. Bon courage pour la suite.

            • Après, le Chat noir est une maison qui s’est montée en 2011, donc on était encore sur une petite maison d’édition. Aujourd’hui, elle est plutôt « moyenne –  » (c’est une estimation extérieure, je n’ai pas leur chiffres), alors une très bonne vente doit pouvoir gagner plus, mais ça consiste davantage en une grosse motte de beurre dans les épinards qu’en salaire qui permet de vivre.

              Une chambre d’hôte, c’est une bonne idée! On travaille surtout en tout début de matinée, puis en toute fin et potentiellement en soirée (enfin, j’ai l’impression), ce qui laisse des plages horaires assez conséquentes pour avancer en écriture.
              Quelle que soit la voie que tu prendras, je te souhaite de faire les bonnes rencontres, que tes livres plaisent et que tu puisses en vivre au moins en partie, puis que ton métier secondaire, si tu en prends un, s’accommode bien avec ton métier d’écrivaine. 🙂
              Merci, bon courage à toi aussi!

  6. Merci pour cet article ! Ça fait du bien de dire les choses.

    Juste en passant : la comparaison avec les chercheurs n’est pas forcément la plus pertinente. À ma connaissance, ils sont rarement rémunérés, et suivant leur « grade » dans la hiérarchie, galèrent parfois tout autant que les auteurs pour se voir défrayer leurs déplacements.
    Encore mieux : les éditeurs ne leur versent même pas de droits d’auteur pour les articles parus dans des ouvrages collectifs, partant du principe qu’ils sont de toute façon obligés de rendre public leurs recherches.

    • Merci à toi pour ce mot. 🙂

      Pour les chercheurs, je pensais davantage à ceux du secteur privé, les ingénieurs (par exemple en aéronautique, puisque je vis en ce moment à Toulouse), les chercheurs pour les laboratoires pharmaceutiques, ces personnes qui sont souvent payées soit par les manifestations, soit par leur entreprise puisque cela leur fait de la publicité.
      Je ne pensais pas vraiment aux universitaires et à ceux qui dépendent surtout du domaine public, sachant que les dépenses de l’État dans ce secteur sont assez chiches, je les aurais plutôt mis dans le même panier que nous, en effet !

  7. A reblogué ceci sur Le site d'auteur d'Olivier Sarajaet a ajouté:
    Un très bel article de Vanessa, qui présente l’envers du décor de l’auteur qui se décarcasse pour son oeuvre (d’ailleurs, si vous ne la connaissez pas encore, lisez-la).

    Avec comme point d’orgue ce commentaire résumé: « lecteurs, si vous souhaitez qu’un auteur participe au salon de vitre livre, ne le lui demander pas à lui. Contactez le salon et demandez pour qu’il y soit invité ! »

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